Avant le travail
Charly Manuel Ramon
Le réveil que personne ne voit
Il est encore tôt.
La ville dort, les rues sont silencieuses, et le jour n’a pas encore décidé de se lever. Le réveil sonne bien avant les horaires habituels, bien avant les obligations, les réunions, les transports bondés.
Elle ouvre les yeux sans hésiter.
Pas parce que c’est facile.
Mais parce que c’est un choix.
Sur la table de nuit, les affaires sont déjà prêtes. Aucun temps perdu, aucun débat intérieur. Ce moment-là n’appartient à personne d’autre. Ni au travail, ni aux attentes, ni aux excuses. C’est un espace brut, presque intime, où l’on se prépare à affronter bien plus que la journée : soi-même.
Avant le café.
Avant les messages.
Avant le bruit.
S’entraîner quand tout est encore calme
La salle est froide au début.
Les mains agrippent la corde, la respiration est encore irrégulière. Le corps se réveille lentement, mais l’esprit est déjà là. Concentré. Présent.
Chaque mouvement est précis. Rien n’est fait au hasard.
Les muscles brûlent, le souffle se coupe, le rythme s’installe. Elle connaît cette sensation. Ce point exact où le corps voudrait ralentir mais où la tête refuse de céder.
Ce n’est pas un entraînement pour impressionner.
Ce n’est pas une performance à publier.
C’est un rendez-vous silencieux avec un objectif clair :
faire mieux qu’hier, même d’un millimètre.
Battre un record qui n’existe que pour soi
Le chronomètre tourne.
Les secondes s’étirent. Chaque répétition compte. Chaque erreur se paye immédiatement.
Il n’y a pas de public.
Pas d’applaudissements.
Juste la vérité brute de l’effort.
Quand le record tombe, personne ne le sait. Et pourtant, tout change.
Parce que ce genre de victoire ne se mesure pas seulement en chiffres. Elle se grave ailleurs. Dans la posture. Dans le regard. Dans la manière de tenir debout pour le reste de la journée.
Ce sont ces micro-victoires invisibles qui forgent une constance.
Pas la motivation.
La discipline.
Le retour à la réalité
La séance se termine.
La respiration ralentit. La sueur sèche doucement. Le monde extérieur commence à reprendre sa place.
Le travail arrive. Les responsabilités aussi.
Mais quelque chose a déjà été gagné.
La journée pourra être difficile.
Elle pourra être longue, imprévisible, imparfaite.
Mais le plus dur est déjà fait.
Avant même de répondre au premier email, avant même d’entrer dans le rythme imposé par les autres, elle a tenu un engagement envers elle-même.
Ce que personne ne voit, mais qui change tout
Ce genre de matin ne fait pas de bruit.
Il ne cherche pas à être validé.
Il s’empile, jour après jour, comme une fondation invisible.
C’est là que naît la confiance.
Pas celle qui s’affiche, mais celle qui tient.
Chez Positive, on croit profondément que la performance ne commence pas sur un podium, ni dans un feed.
Elle commence avant.
Dans ces moments discrets où l’on décide de se respecter suffisamment pour faire le travail, même quand personne ne regarde.
Sarah Brahim